mercredi 28 mai 2008
Dernier message
Depuis dix mois j'ai tenté de relater ce que je vivais ici, pour ceux qui s'y intéressent, pour moi surtout. Je ne sais pas si c'était très intéréssant, à vrai dire je m'en fiche. Je me retrouve dans cette chambre vide, dans ce blok gris au milieux de centaines d'autres. Pour beaucoup ce sera là bas, pour moi c'est la chambre 210 avec la petite étoile noire sur la porte (que j'ai dessiné en rentrant de soirée, à côté du mur brulé), pour moi c'est le block 55Б, avec nos deux chiens qui paraissent à l'entrée. On les a apprivoisé et maintenant ils nous accompagne partout dès que la nuit tombe, ils nous attendent même pour nous raccompagner, ou quand nous trainons trop ils rentrent et viennent nous chercher quand nous arrivons. Tous ces blocks, c'est Studenski, c'est la fête, la neige, la boue, la pluie, les gitans, les gens, les bars, le Chef d'Oeuvre, le Stroeja, et tant d'autres. Ce sont les restaurants, les boites de nuit, L'Avenue, le Fire Club, le Jim Bean... C'est les chiens errants, les bus, les marloukas, la vieille dame qui vend des tickets de bus le matin. Ce sont les magasins, les cafés internets, les fast-foods... Les trottoirs où les pavés semblent avoir été piétiné par un géant, quand il y en à (des pavés)! Les cafards aussi, les voitures dont l'alarme me rappelle les jouets électriques pour enfants, l'odeur du feu des gitans, les feux d'artifices, les mecs qui chantent et hurlent dans le bus quand c'est soir de match... La montagne que je vois de ma fenêtre, blanche de novembre à mars et verte le reste de l'année. Le pollen qui vole au printemps, les graffitis, les coupures d'électricité et d'eau. La liste est longue et indescriptible pour ceux qui n'y sont pas passés.
Cette vie va me manquer, elle est passée trop vite, j'y ai vécu tant de choses. J'ai changé, évoluer, appris. Diantre, que j'ai mal de devoir tout quitter. Diantre que j'ai peur de rentrer. Mais cette vie sans ceux avec qui je l'ai vécu n'a aucun sens, et il est temps de rentrer. Puisque c'était éphémère, puisque c'était extraordinaire il faut la finir.
Voilà, je reviens à l'habituel mais ne m'en voulez pas si mon esprit vagabonde dans ces villes, dans ces plaines, dans ces souvenirs...
Край (fin)..........
Le temps de partir est venu...Pour les derniers instants je me bat avec l'administration bulgare et je profite de ceux que j'ai rencontré ici. Nous sommes partis pour la mer noire en passant une dernière fois à Veliko Tarnovo (Велико Търново), petite ville pour laquelle j'ai eu un coup de cœur. Marielle a récupéré sa voiture et nous avons fait le voyage à cinq français! Sieste, barbecue et sortie au Dada bar pour cette dernière visite. Finalement c'était beaucoup de mélancolie plus que de profiter d'être là, mais le plaisir était toujours là... Et puis le lendemain (trop) tôt le matin je suis partie avec Kolok en stop pour la mer noire. Nous avons marché jusqu'au périphérique de la ville et attendu, attendu... Une belle mercedes noire nous a enfin prise après une heure d'attente. Un monsieur fort sympathique, investisseur dans l'immobilier sur la mer noire nous a conduit jusqu'à Varna. Nous avons parlé de nous, de lui. Entre 0km/h et 180km/h nous avons vu les paysages défilés. Les dernières fois que je navigue dans ces plaines, que je passe dans ces forêts. Dans cette nature sauvage nous sommes passés, j'ai contemplé ces lacs sauvages, ces grands sapins assis sur les flancs des montagnes, ces plaines désertes d'habitations. A Varna nous sommes arrivées, et longtemps nous avons marché. 8km en suivant la direction de Baltchik (Балчик), et nous nous sommes fait rattrapé par Marielle et les autres. Elle nous a ammené plus loin sur le périphérique. Le soleil tapait, au moins 30°C près de la route, ca nous a aussi tapé sur le cerveau, et comme personne ne s'arrétait nous avons commencé à déliré sur rien. Une vieille mercedes, vieille d'au moins 30 ans est passée, elle était montée sur des roues de hammer, elle tanguait sur la route. Nous nous sommes fait klaxonné, nous nous sommes fait regardé bizarrement. Apparemment deux filles qui font du stop ce n'est pas très commun. Nous avons même vu des francais de Gironde en camping-car, et malgré nos appels ils ne se sont pas arrétés. Un hammer noir s'arrête, deux jeunes qui nous proposent de nous emmener plus loin, nous montons parce que la voiture a vraiment la classe. Au bout de 30 secondes environs ils ont bien reconnu que l'on était pas du coin. "Vous êtes d'où?", "de France", "Ahh l'amour français!", "Mhh oui peut être!", "Si vous voulez on vous emmène jusqu'à votre destination en échange de "french love"!", "Euhh non merci, on est pas des salopes, ici ce sera parfait". Et nous sommes descendues, deux minutes plus tard un monsieur nous a pris et nous a emmené dans la région des falaises blanches. La mer, bleue émeraude, le soleil, les arbres verdoyants, les falaises blanches qui plongent dans l'eau, les maisonnettes sur les colines. Ce qu'il y a de formidable dans le stop c'est que chaque rencontre est particulière, et ça me permet de parler bulgare! En arrivant, nous cherchons la plage, se refraichir, il est presque 17h et nous sommes parties à 9h30... C'est une des meilleures baignades que j'ai faite, l'eau était fraiche et limpide. Puis nous avons rejoint les autres, cherché un endroit pour dormir. Après quelques heures nous avons trouvé l'endroit parfait, coincé entre les falaises et la mer sur un petit carré de béton abandonné. Marielle et Julie se sont couchées tôt et m'ont abandonné avec les garçons!! Une cabane en hauteur était abandonné, nous sommes allés la "visiter" dans la soirée. Elle était accroché à la falaise mais déjà les arbres et les ronces commençaient à l'engloutir. Nous avons trouvé une fenêtre ouverte sur un coté, et avons escaladé pour y pénétré. A l'intérieur des lits, une armoire, des paquets de cigarettes vides, des livres et d'autres babioles empoussiérées. Nous avons tout fouillé, regardé ces trésors. Un carnet de note indiquait des horaires et le poids des poissons péchés. Sur le mur une carte d'Europe datant d'avant 1990, dans le placard un couteau, des pièces d'échecs en bois, des journaux de 2006, une bible, une photo d'un homme, j'ai tout regardé, déchiffré. Les livres près des lits commençaient à moisir, je n'ai pas pu m'empêcher de prendre Mme Bovary, et Romain nous a offert une pièce d'échec en souvenir de cette découverte. Nous sommes resté deux bonnes heures sur ces lits à discuter, entre la poussière et les toiles d'araignées. Le lendemain nous avons passé la journée à nous baigné et à cuire au soleil, et le soir nous sommes repartis pour Sofia. Nabil avait pris le train le matin donc il y avait assez de place dans la voiture.
Le dernier weekend en Bulgarie. Quand j'ai revus les lumières de Sofia je me suis dit que c'était la dernière fois que j'y revenais de l'année.
Aujourd'hui j'ai dit au revoir à ma prof de bulgare, nous bouclons les derniers "détails" administratifs et nous profitons de cet environnement, de ceux que nous avons rencontré. J'ai visité le marché chinois, au nord de Sofia avec Pierre et Marielle. C'est gigantesque, plein de bibelots et de vêtements "made in china", bon marché mais je suppose que c'est de la camelote! Nous avons rangé nos affaires qui partent pour la France demain avec les parents de Julie. La chambre est vide, tout est rangé dans des caisses, nous ramenons tout ce que nous avons entassé ici, de la vaisselle, des documents, des tas de souvenirs qui n'auront de sens que pour nous. Dix mois c'est suffisant pour entassé une montagne de bibelots, des tickets, des places de concerts, des babioles, des cartes... Tout ça va voyager jusqu'en France, la dernière demeure...
mercredi 7 mai 2008
Mon voyage
Mon voyage...
Il y a bien longtemps que je n'avais pas écrit sur ce forum, et par une journée grise j'ai le coeur à le faire. Aujourd'hui c'est férié en Bulgarie, la St Georges (Георгьовден) est très populaire. Les rues sont désertes et les magasins clos, les gens sont en famille.
La vie passe loin de France, à Sofia j'ai déposé un peu de moi, et bien que ce soit éphémère l'expérience n'en est pas moins forte... Sofia... Vue de haut tu es bien laide avec tes tours grises, tes bâtiments imposants, et quand l'on s'y perd les premières fois on ne te trouve que peu te charme. Et pourtant derrière tes blocks de bétons, sous tes pavés disloqués se cachent les secrets de ta beauté. Le vieux tramway crisse et déambule en ton sein, projetant des gerbes d'étincelles au-dessus de lui. Les passants, les marchands mènent leur vie tranquillement, aux croisements de rues des petites dames vêtues de foulards aux milles couleurs vendent les quelques fleurs que leur jardin a bien voulu faire pousser. Un peu plus loin des détritus jonchent le sol, au plus grand plaisir des chiens à la recherche d'un repas non terminé. Tu donnes l'impression d'un grand bazar, sans logique, mais où tout le monde y trouve sa place. Tes rues sont sinueuses, incohérentes et il est facile de s'y perdre, tu as toujours des petites ruelles à explorer, des recoins inattendus que tes hautes tours dissimulent. Mes pieds t'ont foulé de long en large et encore aujourd'hui je découvre des facettes que je ne soupçonnais pas. En ton sein j'y ai ri, j'y ai pleuré, j'y ai aimé, j'y ai dansé. J'ai presque vécu une vie ici, et si je suis arrivée en étrangère je repars en familière. J'ai aimé tes parcs, tes avenues, ton marché en bas de l'avenue Maria-Louisa, là où ca sent les légumes, les épices, le fromage et les fleurs. J'ai aimé ton marché au livre, là où ca sent bon le papier et où il fait bon passer ses doigts sur les feuilles d'où émane des senteur boisées. J'ai aimé aller danser dans tes bas-fonds sur un son bien rythmé. J'ai aimé rencontré tes habitants, j'ai aimé tant de chose.
J'aimerai vous parler de tout ce que j'ai vu, des senteurs des marchés de Chisinau à celles des épices des bazars d'Istanbul. D'un coin à un autre c'est mon esprit qui s'est enivré, et j'ai réellement senti mon âme vibré. Dans un coin perdu de la Roumanie j'ai passé une nuit à attendre dans une gare peuplé de démunies, j'y ai vu l'humanité en lambeau, et j'y ai vu des sourires et de la peur. A Istanbul nous nous sommes perdus dans les petites ruelles peuplés de livreurs, d'enfants, de femmes ramassant la laine de mouton. A Studenski j'ai fait la connaissance d'un gitan qui vit en face de chez moi. Nous avons parlé de la France, de la religion, de chose et d'autre, mon bulgare ne me permettant pas de converser très loin. C'est ce genre d'expériences qui m'ont grandi, beaucoup plus que de me retrouver au pied du Parthénon ou de la Grande Mosquée bleue. J'ai été surprise de la bonne image de la France ici, en Roumanie, en Turquie, en Grèce...La France c'est comme les étoiles, on percoit sa lumière alors qu'elle n'existe plus...
Aujourd'hui il me faut repartir, retourner chez moi, là-bas c'est bien différent, pas de chiens errants, pas de marchands de rue, pas de temps, tout y est organisé, cadré, rangé, hélas le temps de te dire au-revoir est venu... L'angoisse du retour, comment sera là-bas maintenant, ais-je changé?
On espère beaucoup d'un voyage, on espère qu'il vous changera, qu'il vous libérera, mais le voyage ne vous offre rien de plus que ce que vous en faite. La distance n'est pas vraiment importante, on peut partir les yeux fermé du moment que l'on a le cœur ouvert. Souvent les gens sont rattrapés par leurs habitudes et leurs jugements ancrés en eux, mais ailleurs n'est pas ici et il faut laisser tout ceci sur le palier de son entrée. On dit que les voyages forment la jeunesse, oui le voyage vous grandi parce que l'on se retrouve confronté à l'inconnu et que pour y avancer il faut parfois se dépasser. Il vous forme parce que là-bas on apprend que tout est relatif, que rien ne permet de juger et la seule chose que l'on puisse faire c'est questionner, c'est regarder, c'est s'enivrer. Là-bas ce n'est pas chez soi et on se comporte en tant qu'invité. On se surprend de ces réactions au détour des sentiers, mais rien n'est plus formidable que d'enfoncer ces pas dans ce que l'on ne connait pas, et pas à pas nos traces s'étendent et se perdent dans le sillage de ceux qui ont déja franchi le pas. Pas de repères, pas de „je sais“, seulement des questions. En revenant j'aurai mille fois plus de questions et d'interrogations que lorsque l'avion a décollé ce 1er septembre 2007. Qu'importe la destination, le voyage vous change, vous ouvre l'esprit si on est évidemment près à l'ouvrir! Chacun voyage à sa manière, et le voyage n'est que ce que vous en faites. Parce que vous ne marchez pas sur un chemin, vous faites votre chemin. Voyagez, simplement, et ne vous dites pas que ce n'est pas pour vous car le balancier de la comtoise vous toise et ses hochement s'abattent sur vos épaules jusqu'à vous courber. Le tic-tac de l'horloge orchestre votre vie et bientôt il sera trop tard, car voyager à 20 ans est différent qu'à 30, à 50, à 70... Je sais que vous allez (encore) me dire que je suis naïve et que c'est facile, mais j'aime à croire que si l'on veut découvrir le monde on se rend compte qu'il est à notre porté...“Rester, c'est exister mais voyager c'est vivre“ (Gustave Nadaud). Cette année j'ai vécu ;)
Je ne sais pas si ce post est très cohérent, je l'ai écris par un jour de pluie ou l'ennui m'a pris, je ne sais pas si il est lisible et intéressant, ceux qui le liront me diront, je voulais juste écrire un peu sur mon année, quelque chose qui m'est venu comme ca. Bien à vous, je reviens en hexagone...
lundi 5 mai 2008
Istanbul
Nous partons le dimanche pour Istanbul, en bus. Nous arrivons à la nuit tombée à la gare. Dès le départ nous nous faisons avoir par un taxi qui nous fait payer un prix exorbitant bien qu'on est réussi à négocier. Nous trouvons un petit hôtel peu esthétique mais pas cher comparé aux autres et très bien placé. La visite commence le lendemain matin par le Grand Bazar où dès les premiers pas ça sent l'attrape touriste, les étals sont pleins de belles choses, des céramiques, des tapis, des bijoux... et des pâtisseries aussi mais tout est cher et il n'y a rien que des touristes. Les vendeurs vous saute dessus littéralement pour vous faire acheter. Nous partons très vite, rien de bien intéressant dans ce coin. Le prochain marché est le Bazar égyptien, déjà plus sympa car la population locale y vient aussi faire des emplettes. Le premier jour est consacré aux visites touristiques, les beaux monuments, les mosquées, les bazars et le resto pour bien terminé. Les mosquées sont richement décorées et c'est un endroit que je trouve très agréable. Au resto là aussi on se fait arnaquer, c'est vraiment énervant d'être pris pour des idiots. Heureusement nous protestons mais l'addition après avoir été réajusté reste un peu cher pour se qu'on a mangé. En plus le temps était mauvais. Le premier jour fut un test le second sera mieux. Tôt le matin la litanie des muezzins me réveille mais c'est vraiment agréable comme chant, moins violent que la cloche! Et ca m'empêche pas de me rendormir, 5h ca fait un peu tôt! Le soleil est au rendez-vous. Nous voulons aller à la gare et nous sortons des grandes rues pour nous enfoncer dans les petits quartiers au bord de la mer. Nous atterrissons sur la jetée avec au loin le port marchand où de gros cargos y sont amarrés. Puis nous bifurquons vers les petites rues. L'ambiance change du tout au tout, comme si nous étions dans une autre ville, plus de touristes, plus de marchands qui vous sautent dessus, seulement les gens qui vivent normalement. Des rues sont bondées d'étals, chaque rue à son thème : les voitures, la pêche et la chasse, les motos, les balances et coffre-forts... Dans chaque rue il y a une trentaine de vendeurs qui vendent des matériaux autour de ce même thème. Dans les bazars ca sent les épices, le thé, le henné. Des livreurs déambulent chargé de marchandises, des hommes prennent le thé. Il y a de l'ambiance partout et la mer apporte une bise fraiche, c'est la journée idéale. Au détour des rues et ruelles nous découvrons la ville, des enfants qui jouent, des femmes qui ramassent la laine etc. Nous tombons par hasard dans le quartier russe, dans plusieurs rues les panneaux sont en cyriliques, il y est inscrit „cargo pour Moscou, Odessa“... Ça et là de grosse BMW, des hangars vides avec des hommes assis pour les garder! Ca parait fou! En continuant de s'enfoncer dans Istanbul nous tombons dans ce que nous déduisons être le quartier Noir. On s'arrête chez un petit vendeur de Dioner, un vrai de vrai, délicieux et 6 fois moins cher que dans les coins touristiques. Après plusieurs heures de marche dans les petits quartiers nous rejoignons les grandes avenues au cœur d'Istanbul, là encore pas de touristes. Nous marchons comme ca toute la journée, c'est vraiment agréable comme ville, les gens sont gentils et souriants. Nous passons dans des rues où il y a plein de marchands d'épices, de thé et autres condiments, sans oublier de faire des haltes pour boire un thé turc! Plusieurs fois par jours les muezzins appellent à la prière à travers les hauts-parleurs des mosquées, leur chant est apaisant et la ville semble soudain se réveiller, les chants se répondent et se répercutent partout, et si on se trouve près d'une mosquée on voit les hommes et les femmes s'y diriger puis en ressortir et se laver les pieds sur l'enceinte extérieur. J'ai été surprise de voir que la place des touristes passait avant celle de la femme dans la disposition des mosquées touristique. L'homme est tout devant, puis des barrières les séparent des touristes et encore derrière la place des femmes. Quand le tourisme envahi tout... Là où il y a les beaux monuments les habitants ont déserté les maisons qui ne sont que hôtels, restaurants, commerces pour touriste... Il y avait beaucoup de français, anglais, espagnols.
Le dernier jour nous nous baladons dans la ville moderne, faisons un tour dans des marchés aux poissons. Près de la tour Galaka les ruelles grimpent vers la grande avenue où se trouvent tous les magasins. Le vieux tramway rouge déambule entre les passants qui par cette chaleur sont tous dehors. Pour retourner sur la rive du bazar Egyptien il nous faut passer sur le pont envahi de pécheurs. Dans leurs seaux, des petits poissons gigotent encore. Ils sont au moins une cinquantaine répartis tous le long du pont. Au bout on retrouve les touristes, les serveurs qui viennent vous accoster pour boire un thé, manger un dioner, ... Nous traversons le bazar Egyptien où je m'offre un service de verres à thé avec des coupelles traditionelles rouges et blanches. Le vendeur m'offre les cuillères, formidable! Puis nous allons visiter la Grande mosquée Bleue qui fait face à la Mosquée de Ste Sophie (anciennement une cathédrale). Les jardins aux alentours sont resplendissant et avec le soleil qui décline la pierre semble d'un blanc limpide. L'intérieur de la Mosquée est tout aussi magnifique, des mosaïques couvrent les murs et les plafonds, les milliers de petites lampes flottent à 2m du sol. Nous nous asseyons un instant sur la belle moquette rouge afin d'apprécier son moelleux, et le silence qui règne dans ce lieu.
Istanbul est divisée en petits quartier et dans chacun il y a un "thème", les uns sont dédiés aux voitures, avec que des magasins vendant des accessoires et des pièces de voitures, d'autres ce sont les balances pour entreprise ou particulier, d'autres encore sont les épices, la viande, il y en a pour les vêtements, la décoration. A chaque fois ce sont des dizaines de magasins dédiés à la même chose et qui vendent à peu près les mêmes produits.
L'heure du départ se rapproche, un dernier tour dans la ville, au bord de la mer et il est temps de prendre le tram et le métro pour la gare. Pas question de prendre un taxi. Notre bus part dans la soirée et arrive tôt le matin à Sofia. Le voyage passe rapidement, et à la frontière ils ne nous font pas sortir pour ouvrir nos bagages!
Voyage très sympathique, mes premiers pas en Asie mineure, mes premier pas dans un pays musulman. Et bien que ce soit une ville très touristique l'ambiance dans certain coin reste authentique.
Suite...
Le même jour que mon arrivée à Sofia mon frère et mon oncle débarquent! Pas de chance il fait un temps de chien, pluie et vent! Ca ne nous empêche pas de nous balader un peu dans la ville, un petit tour rapide pour avoir un bref apercue avant la visite officielle. Etant donné que j'ai des cours je les laisse aussi se promener seuls, mais heureusement que mon frangin a un bon sens se l'orientation car du coté de mon oncle c'est pas gagné gagné!!! Une semaine en leur compagnie, je les ammène dans mon antre à Studenski. Le jeudi soir je passe la soirée chez des espagnols qui ont préparé la meilleure sangria que j'ai jamais gouté. Nous terminons en boite, à l'avenue, à danse sur de la house techno, et je dors quelques heures avant de retourner en balade avec la famille. Dur, dur!! Le lendemain je remarque un bouton dans mon oeil, j'avais déja une conjonctivite et voilà qu'elle s'infecte, vite un médecin. Je n'ai pas pu faire la visite du monastère de Rila avec mes invités ce qui m'a chagriné, d'autant plus pour aller courir après un ophtalmologue ouvert. Heureusement Constantin un ami bulgare m'emmene et m'aide, après qu'avec Julie nous ayons échouée dans nos recherches de cliniques. Celle indiqué par l'ambassade de France n'existe pas, inconnu de la population et c'est pas faute de s'être fait aider. Un chauffeur de taxi à appellé ses collègues, demandé dans la rue, une commercante à même appelé les renseignements, rien... Je trouve enfin un ophtalmo à l'hôpital public, les lieux sont un peu glauque et en bien mauvais état... Le labo du médecin semble dater des années 20! Et il ne parle ni anglais, ni francais, alors il m'écrit en bulgare ce que je dois faire et les médicaments à prendre. Je me rends à la pharmacie pour qu'on m'annonce que l'un des médicaments n'est pas disponible en Bulgarie en ce moment, c'est ma veine. Enfin c'est surtout n'importe quoi!
Bref, la semaine passe rapidement entre les vistes, les restos, les cours et les soirées je finis épuisée. Pas eu le temps de me reposer depuis la visite de mes parents, et avec les plusieurs nuits blanches passées j'ai les nerfs qui lachent, heureusement après je me repose... Yvan arrive le dimanche soir en me faisant la surprise. Et c'est repartie pour une visite de Sofia! Julie recoit une amie aussi en même temps, nous partons pour Veliko Tarnovo passer une soirée avec un autre ami et visiter. Avec le printemps tout est fleuri et la vieille ville est vraiment splendide. Deux jours plus tard je pars pour Istanbul avec Yvan.
Retour en Roumanie: de la gare de Iasi à Bucarest.
Comme nous avons pris le train en fin d'après midi nous avons eu tout le loisir d'observer la campagne moldave. De grandes plaines avec des collines, des arbres. Parfois nous dépassons des petits villages qui ont l'air très pauvre. Chaque maison à un potager je suppose que les habitants vivent beaucoup de leur récolte. Je reste scotchée à la fenêtre plusieurs heures. Nous croisons des charrettes tirées par des chevaux ou des bœufs, les bordures de routes ont l'air moins sales qu'en Roumanie ou qu'en Bulgarie. Après quelques heures le train s'arrête à la frontière. La première étape est le changement d'essieu, car comme en Ukraine ce n'est pas le même écartement de rail. L'opération prend deux heures, d'abord les wagons sont séparés puis des hommes les soulèvent à l'aide de gros crickes. Les passagers restent à bord, c'est assez surprenant de se voir soulever d'un petit mètre. Ensuite des hommes dévissent les premiers essieus et glissent les seconds. Une dernière vérification, on change de locomotive pour passer à une électrique. Désormais je n'entend plus le ron-ron de la machine à vapeur. Le train repare et c'est le contrôle des passeports, comme souvent les douaniers impressionants sont en fait très sympathiques et discutent facilement. C'est le fait d'être étranger qui fait ça je crois.
Nous arrivons à Iasi en Roumanie près de la frontière Moldave vers 22h avec l'espoir que nous aurons une liaison directe pour Cluj où nous retournons quelques jours. Arrivé à la gare nous déchantons très vite, le prochain train est à 6h30 le lendemain matin, la nuit s'annonce très longue...Et avec nos gros sacs nous ne sommes pas très mobile, un saut au Mc Do, seul endroit ouvert avec des chaises et nous retournons nous assoir dans la gare au milieu des gens qui ont choisi ce lieu pour dormir. La gare est petite, sombre, avec un écran télé ultra-moderne qui passe des clips publicitaires en boucles. Ca donne un étrange contraste par rapport aux sans-abris qui tente de s'endormir sur des chaises en plastique. Souvent un policier passe, çà donne confiance même si je ne me sens pas du tout en danger. Très vite une dame vient m'accoster, je ne comprend pas un mot de ce qu'elle raconte mais sa voix rauque, douce comme un murmure me plait et je la laisse parler. Je comprend qu'elle est gitane „romi“ comme elle me dit, qu'elle a vécu en Italie et qu'elle a un enfant. Je ne sais pas quoi lui dire et lui répond par des sourires et des „okay“! Cette attente commence à m'apparaitre longue, je suis crasseuse et fatiguée et même si ce n'est pas très correct de dire ca, cette sensation est adoucie par la vue de ces pauvres gens. Il y a des vieilles femmes à la peau tannée, creusée par le travail, la misère aussi je suppose, leur dos est déja courbé et leurs foulards autrefois flamboyant est terni par la saleté. Certains dorment, d'autres discutent, quelques uns boivent. Leur sommeil légé est troublé par un bruit de chaussure, une voix qui s'éleve, un frisson qu'une couverture ne vient pas dissiper. Un homme boit quelques lampées de vodka ou de tsouïka et me regarde en souriant. Nous intriguons ceux autour de nous à écrire sur nos carnets. L'un d'eux nous demande : „journalist?“, non pas journaliste, rien que deux filles qui attendent! A coté de moi la Roumaine qui m'a parlé songe, puis s'allonge sa tête près de mes jambes. A coté d'elle un homme qu'elle semble connaitre regarde dans le vide, il est vêtu d'un chapeau melon et d'un ensemble marron qui lui donne un air d'autre époque. Le temps passe au ralenti, rien ne semble être réel, et c'est accentué avec ce satané écran qui diffuse la même chose avec la même musique. Tout le monde attend mais peu partent vraiment. La nuit passe ainsi, on va chercher un café, on fume une cigarette on revient pour écrire, lire ou faire du Rubix-cube! Un drôle de personnage se tient en face de nous et se pavane, il est vêtu d'un costume émeraude, ses cheveux sont rabattu en arrière, un homme d'âge mûr avec un manteau au bras et une valise. Toute la nuit il a parlé avec un autre homme, fait de grands gestes, comme si il jouait la comédie de l'homme qui attend son train, alors que je me doute que son train n'existe pas. Je trouve ca encore plus triste. D'autant plus que les gens ont l'air de le connaitre, il en a même bousculé un qui venait faire la manche, c'était un tout petit monsieur qui ressemblait à Jean-Claude Duss (désolée pour la référence!). Des jeunes arrivent et se posent sur des sièges. Tout reste tranquille. Les heures s'écoulent lentement et je suis bien contente d'aller prendre le train car l'humidité commence à apparaitre et avec la saleté la sensation n'est pas très agréable.
A 6h30 du matin le train quitte la gare. Avec Julie nous nous retrouvons dans une cabine avec un jeune homme plutôt classe. Nous lui demandons son portable afin d'appeler Yvan et il engage la conversation. Il nous parle de ces études, de son diplôme qu'il a acheté, de la corruption. Lui est riche, a fait de grandes études, et nous apporte un regard intéressant sur la Roumanie. Il nous parle de l'immigration et nous met en garde de ne pas confondre Gitans et Roumains en France par exemple, car ce sont surtout des Gitans. Comme beaucoup de Roumains il ne les apprécie guère. Mais nous écoutons, posons des questions. Il nous dit qu'il va investir dans les montagnes pour construire une auberge avec sa fiancée, nous parle de sa voiture qu'il a acheté en Allemagne le semaine précédente, des usines qui ferment parce qu'il n'y a plus de travail. Ce que j'ai aimé c'est qu'il avait conscience de sa position de privilégié et que pour autant il n'était pas aveugle sur la situation des gens, de la misère qui sévit dans le pays. Nous traversons des paysages magnifiques, des montagnes bordés de hauts sapins, des plaines, des villes, des villages... Encore une fois des paysages sans prétention mais avec tellement de charme. Le coeur de l'Europe palpite dans ces plaines. Après 8h de train nous arrivons à Cluj-Napoca.
Nous passons les quelques derniers jours à nous balader, au jardin botanique, dans des petits quartiers. Don Patron nous a préparé sa spécialité, de la Tchorba, de la soupe aux choux avec des légumes, traditionnelle roumaine, une des meilleures soupe que j'ai jamais mangé. Le dernier soir au restaurant je goute au Goulash, un plat traditionnel à base de viande et de légumes. Ils raffolent des piments, de chou et mettent de la polenta dans beaucoup de plats. Notre train part le matin pour Bucarest où nous avons une liaison pour Sofia. Encore une nuit blanche après l'anniversaire d'une amie roumaine à Yvan. Puis 8h de voyage dans une cabine où nous devons paraitre bien bizarre à prendre toute une banquette pour nous allonger! Arrivée à Bucarest juste le temps de manger et nous repartons, dans un train couchette bien confortable où le contrôleur est super sympa. Comme on avait pas assez d'argent on a payé en trois monnaie, roumaine, bulgare et en euros. Et on a bien dormi...
Ce petit voyage fût une fois de plus plein de belles découvertes, mes yeux ne se fatiguent jamais de parcourir ses paysages... Vivement le prochain...
dimanche 4 mai 2008
Chisinau-Moldovia
La petite fourgonnette déambulait dans les plaines vierges de Roumanie alors que le soleil commencait à se coucher. Nous avons fait un premier arrêt à la frontière, vérification des passeports et le militaire nous demande "buisness or tourism"? Après avoir scanné nos papiers, fouillés nos sacs nous repartons. Les premiers villages qui bordent les routes apparaissent, de petites maisons aux toits de tôles, des sanctuaires richement décorés, des moutons avec leurs berger qui rentrent. Nous faisons un premier arrêt dans une petite ville où les deux autres passagers descendent. Il y a des blocs, des petits magasins, elle semble surgir de nul-part cette ville. Puis nous continuons et le soleil se couche. Notre conducteur fort généreux appelle une amie à lui qui parle français afin qu'elle nous trouve un hôtel pas trop cher. Il nous dépose directement devant un grand hôtel situé tout proche du centre. Pour 8 euros la nuit, avec la télé! La première chose, prendre une douche! Puis nous sortons pour acheter quelques victuailles. Premier supermarché moldave, les prix sont faibles, et nous avons bien remarqué que le pays était pauvre sur la route. 1 euros = 17 leu moldaves. Les gens ne parlent pas anglais, russe surtout. Nous nous sentons vite dévisagée, on est pas trop à la mode locale il faut bien l'admettre. Chisinau, Moldavie, voila bien un pays que je ne connaissais que de nom, me voila plongé avec Julie dans cette ville au milieu de ses habitants qui nous jaugent avec curiosité.
Au matin nous sommes prêtes à découvrir cette petite capitale (800 000 habitants). Nous découvrons une ville toute verte, des arbres le long de toutes les rues, même les plus petites, des parcs autour des églises. Il y a des boulevards immenses et de toutes petites rues. Les bâtiments sont de couleurs clairs ou bruns. Nous avons un tour dans la ville, découvert des églises magnifiques, blanches aux toits bleu. A côté d'une d'entre elle se tenait un petit cimetière sur une colline, peu entretenue, magnifique, avec des fleurs qui poussaient partout. La ville n'est pas du tout touristique, à 20h tous les restos étaient fermés et nous avons pas mal marché avant d'en trouver un ouvert. Par contre la cuisine est très bonne, à base de pommes de terre évidemment! J'ai découvert des rues, des avenues, des senteurs, des monuments, tout ca au milieu d'une fôret, Chisinau contient plus d'arbre que d'habitants.
Le deuxième jour nous sommes allées au marché, immense, avec des allées partout, des produits de tous genre, des gens qui piétinent dans les petites allées. Des odeurs qui vous assaillent, des épices, du fromage, de la viande, du chou (ils ont beaucoup de choux). Nous avons subi l'agression de la carotte. Alors que nous passions près des étals de légumes, plusieurs femmes derrière leur stand de carottes et choux rapés nous ont toutes tendu un grand pic avec des carottes au bout! Surprenant, mais elles étaient trop bonne, avec un petit gout d'épice. Des petites grands-mères vendaient leurs récoltes personnelles, ça sentait bon les légumes frais! Des femmes voilées de milles couleurs tiennent de petits stands d'oeufs, de feuilles de vignes, de fromage cremeux, de choux mariné, de nouilles. Ces gros sacs de tulle débordent de graines, j'ai eu envie plus d'une fois d'y plonger la main. Nous avons marché toute la journée, par contre le seul point négatif c'est que leur bankomat n'acceptent pas ,nos cartes bancaires, nous avons du aller à un bureau de change.
Le lendemain nous avons fait un tour plus touristique, les monuments importants, il y en a pas beaucoup. L'arc de Triomphe, le même qu'à Paris mais en plus petit, les palais présidentiels... J'ai trouvé un petit prince dans une librairie, en roumain. Là-bas ils
parlent roumain et russe, le moldave n'existe pas en tant que tel. Et
le seul souvenir que j'ai ramené est un Rubix-cube! Rien de très local
mais il n'y avait rien à acheter, ce qui n'est pas plus mal...Nous avons vu des églises magnifiques, les gens sont très croyant et
les femmes se couvrent pour aller se recueillir. Les toits de tôle bleu et aux cloché d'or couvrent des intérieurs sans prétention, toujours très colorés avec des visages naifs et simple, souriant, toujours. Dans une église un
pope bénissait en psalmodiant des chants religieux de la nourriture à
coté d'une femme qui se recueillait. Dehors des sœurs lavaient les
tapis, l'église était pleine de vie.Puis le temps d'aller à la gare est arrivée. Nous sommes repassées à l'hôtel en prenant un taxi lada! Ce n'était pas un taxi officiel, le monsieur était très sympa. La première fois que je monte dans une vieille Lada! Nous nous sommes posées ensuite dans un parc et en attendant j'ai vu un homme ivre mort se faire ramasser par un autre sur une sorte de diable et accompagné d'un policier ils l'ont mis dans l'herbe, à l'ombre pour qu'il décuve. Ca m'a bien fait rire, même si c'était un peu glauque.Nous avons pris un train pour la Roumanie le soir, Iasi, une petite ville à la frontière, en fait nous ne sommes pas allées en Ukraine, faute de temps. Nous ne sommes pas restées longtemps à Chisinau, suffisamment pour déambuler dans ses rues et apprécier l'ambiance tranquille qui y règne. Sur le tableau des départs et des arrivées très peu de trains, seulement des pays limitrophes et il y en avait pas plus de quatre dans chaque cas. Notre train ressemblait à ceux des vieux jeux, aux wagons bleus, très haut. Les cabines étaient cosy, avec des petits rideaux roses pâles. Le train démarre, j'ai la tête à la fenêtre et je vois passé un gros nuage noir, à ce moment je vois dans l'ombre du train une cheminée d'où s'échappe cette fumée noire, c'est un train à vapeur! Il ronronnait tranquillement et petit à petit nous laissons Chisinau derrière nous... Je regrette de n'avoir pas discuter avec des moldaves, au marché j'ai eu l'occasion, ainsi que dans la rue mais mon russe et mon bulgare sont trop mauvais pour que je fasse un lien entre les deux langues. La barrière de la langue toujours, j'ai juste réussi à dire mon nom, d'où je venais et ce que je faisait.
vendredi 18 avril 2008
Roumanie 2
Donc après ce petit apéro avec Don Patron finalement on s'est couché... Le lendemain matin nous sommes partis pour Sigishaora, une petite bourgade plus au sud, là où a vécu "Vlad Dracula". Niché sur une colline cette petite ville colorée ressemble beaucoup aux images que l'on peut se faire de la Roumanie. Les églises sont très colorées à l'intérieur, les couleurs sont claires et vives. Nous nous sommes baladés toute la journée puis avons repris le train pour Cluj. Le jour suivant il pleuvait donc on a pas trop bougé, on a tenté d'aller visiter le quartier gitan mais on ne l'a pas trouvé et la pluie était trop forte. Puis le jour du départ pour la Moldavie est arrivé. Nous avons loupé notre train une première fois, nous sommes retournés chez Yvan pour attendre en jouant aux cartes et on était tellement bien qu'on a décider de louper le deuxième. A 6h du matin nous retournons à la gare pour prendre de nouveaux billets pour Iase, une ville à la frontière roumano-moldave. Le train part à 9h, nous sommes restés à la gare en attendant. Et la fatigue baignée dans un petit peu d'alcool ca a donné un cocktail explosif de fou-rire pendant 2h. Finalement nous avons pris ce train, et ce fut très dur car nous nous faisions virer des cabines tout le temps. On est arrivé à Iase le soir, avec des têtes pas croyable. On comprenait pas où aller pour prendre un train pour Chisinau, nous avons erré autour de la gare en demandant au gens mais personne ne savait, puis un policier nous a dit qu'il y avait des micro-bus pas loin qui y allait dans la soirée. Nous avons eu du mal à les trouver et au début on a eu un peu peur car les personnes nous on demandé avant qu'on les remarqué si on voulait aller à Chisinau. En fait ce sont des navettes privées. On a pris le risque et on est monté avec un monsieur formidable. 3h plus tard on était à Chisinau...
lundi 14 avril 2008
de Bulgarie à Chisinau: Roumanie 1
Le temps de voyager est venu, sac à dos, brosse à dent, argent, cartes et guides me voici partit avec Julie sur les routes de Roumanie. Nous avons décollé de Sofia le 1 avril, train de nuit jusqu'à Bucarest, nous arrivons à 6h35 sur les quais de la gare après une bonne nuit malgré tout interrompue par les contrôles de la douane. Notre destination finale est Cluj-Napoca en Transylvannie, dans le nord ouest de la Roumanie. Encore 8h de train avant d'arriver chez Yvan un ami de Nantes qui va nous héberger. Premier regard sur la Roumanie, premières exclamations devant la beauté des paysages. Le train se faufile à travers les montagnes couvertes de sapins, cour sur des plaines désertiques, traverse moult villages aux maisons colorées. Le long des chemins des moutons et leur berger, des charettes, des petits hameaux, des gens qui travaillent. Ma première impression de la Roumanie fut un coup de coeur, les paysages sont variés, sans prétention mais avec un charme incroyable, quelque chose qui semble palpiter. C'est aussi notre première rencontre avec la mendicité dans les trains,de jeunes gitans infirmes qui viennent réclamer de l'argent ou à manger. Pas facile de dire non, pas facile de rester de marbre même si ils jouent la comédie, et pas facile d'entendre dire que les infirmitées qu'ils ont sont fait exprès pour apitoyer. Nous arrivons dans l'après midi chez Yvan, il vit chez un papy, à l'étage. Nous rencontrons donc ce fameux Don patron comme il est surnommé, un monsieur de 75 ans aux mains grosses comme des raquettes de ping pong et à l'acceuil plus que chaleureux.
Le soir nous rencontrons d'autres français et des roumains dans un bar underground, le Janis. Après une bonne nuit de sommeil Yvan nous fait visiter Cluj. Je découvre la ville où je devais aller en premier choix de destination. C'est une petite ville aux bâtiments décorés, à l'ambiance tranquille. Les maisons sont en briques, avec des bas reliefs ou des façades colorées. Yvan nous explique la vie ici, nous parle des gitans. Nous voyons en effet les gitans, différents de ceux en Bulgarie, les femmes portent la même jupe rouge ou verte selon si elles viennent de la campagne ou de la ville, les hommes de la ville sont les "Gobor", ils sont habillés avec des vêtement en cuir, porte la moustache et un grand chapeau noir. La classe! Ce sont les gitans riches. Le soir nous tombons dans le traquenard de Don Patron;il nous invite à gouter la Tsouïka, alcool local maison qui arrache. Il nous a préparé du pain, du fromage de la charcuterie. Après 3h autour de la table je ne me souviens de rien, je monte et m'affale sur le lit. Il m'a tué, mine de rien ca fait beaucoup d'effet cet alcool... On était tous les trois minables, mais comme dit Don Patron c'est bon pour la santé, ca tue les microbes, moi je crois que ca tue pas que les microbes... Le fromage et la charcuterie était très bon, heureusement qu'il y avait ca pour faire passer la Tsouïka, "ca vous brule la gorge"!
mercredi 19 mars 2008
Nouvelle période
Après le départ de notre team favorite nous avons rencontré les nouveaux Erasmus. C'est sur que ce ne sera pas aussi fort qu'avant mais enfin c'est sympa de rencontré de nouveaux gens!
Question cours, j'ai enfin fini ce sacré bouquin de philo de 200 pages, en anglais s'il vous plait. C'est certain que ce fut long mais d'un autre côté ça ne fait pas de mal à mon anglais, j'ai donc repris mon Harry Potter, et en effet c'est beaucoup moins fatiguant à lire. J'ai également de nouveaux cours et un dossier à faire pour la fac de Nantes. Je m'intéresse au sujet de l'identité européenne chez les jeunes bulgares, c'est assez intéressant,je suis amenée à interviewer des gens.
Je pensais le printemps revenu, et bien non, depuis hier soir il neige et ça ne s'arrête pas, il y a maintenant 4cm de neige, on se croirait revenu en janvier! Ce qui n'est pas pour me déplaire, j'adore la neige. Je suis allée faire du snow la semaine dernière, pas très sérieux niveau finance mais c'était la dernière fois... J'ai aussi fait de la luge, ça glisse vachement en fait ces engins! Le jeune monsieur de la location quand on lui a dit qu'on allait faire de la luge tout en haut à d'abord rigolé puis nous a proposé des casques en disant "catastrophhh, catastrophh". Bah bah bah, c'est juste une luge, oui bah en fait il avait raison, catastrophe assurée, sans frein sans volant, on était bien comique, les pieds dans la neige qui volait autour de nous et sur nous aussi! Ici ce n'est pas tout à fait réglementé comme en France et on a le droit d'emprunter les pistes des skieurs, donc nous sommes allées tout en haut de la montagne, et on a descendu à fond les ballons. En voulant m'arrêter j'ai sauté à côté de ma luge mais au lieu de freiner j'ai continuer à glisser sur les fesses, la luge à coté de moi, j'ai même dépassé Marielle! Bon résultat j'ai mon pantalon de déchiré sur 30cm aux fesses, ce qui n'était pas vraiment cool!!! Je me suis aussi fait mal à l'épaule en me ramassant la figure en snow board. C'était ça ou les jambes qui s'entortillaient, j'arrivais pas à faire mes virages... On est allée sur la piste rouge car toutes les autres étaient fermée, donc forcément quand on est débutant c'est pas forcément conseillé, mais je maitrise complètement la technique du freinage maintenant!! Puis nous sommes redescendues dans la vallée où le soleil nous attendait.
Mes parents arrivent à la fin de la semaine, on va se balader et en plus je n'aurai pas à dépenser un sous!! Je suis contente de le faire découvrir où je vis, d'habitude c'est eux qui me font découvrir des choses, des endroits, aujourd'hui c'est moi. Bizarre non??
Film à voir: "This is England" (sur les skin des années 80,excellent) et "Into the wild" (si vous aimez les voyages!) et toujours les Jericho!!!




































